Grumman F8F-1B Bearcat

Par Badger150

 

Présentation et Cockpit - Fuselage et Moteur - Train d'Atterrissage et Ailes - Peinture et Décoration - Vieillissement et Finitions - Conclusion

 

7. Peinture :

Ma source principale de documentation est le web. Le problème pour la couleur de chaque élément est que ce sont généralement des photos d'avions restaurés donc sujet à caution niveau authenticité. Par contre, ce que je sais des Bearcat en Indochine c’est qu’ils étaient uniformément bleu nuit brillant au début (cf. article le "rôdeur des rizières" Air Fan 1979). Cette teinte se ternissait très rapidement dans les conditions climatiques très rudes. Les jambes de train, les trappes étaient bleu intérieur et extérieur, les jantes des roues pouvaient être bleues ou métal naturel ainsi que les blocs de frein. J'ai commencé par passé une couche d'aluminium en bombe Tamiya (AS-12) sur l'ensemble. Ca se passe bien, sèche rapidement (je l'accélère un peu avec un sèche-cheveux), se tend bien (pas d'effet peau d'orange), se ponce bien au papier à l'eau et surtout c'est idéal pour les éraflures et rayures diverses.







J'avais protégé le cockpit avec la verrière du kit copieusement recouverte de Maskol. J’ai laissé la couche sécher en profondeur avant d'attaquer le bleu marine. Juste une petite précision sur la nature du produit contenu dans la bombe aérosol Tamiya. Il y est juste mentionné distillat de pétrole. De toute façon c'est assez nocif pour nos petits poumons de maquettistes, donc à utiliser dans un endroit bien ventilé en évitant de trop respirer les vapeurs. J'ai ensuite passé le bleu sur la sous couche aluminium. J’ai utilisé le bleu Aeromaster énamel que j’ai bien dilué et passé en couche fine en insistant sur les lignes de structures. Une sorte de pré ombrage avec la même teinte. De la sorte, j'arrive à obtenir un premier effet de tôles un peu décolorées sans être obligé d'éclaircir la teinte de base au centre des panneaux.





L'opération est facilitée du fait que la teinte est unie. Donc, une peinture bien diluée (minimum 50/50 surtout à l'Humbrol), une pression moyenne entre 1 et 1,5 bars. Il ne faut pas chercher à couvrir toute la maquette en une fois, plusieurs voiles sont nécessaires. La tonalité est beaucoup moins violette avec un éclairage naturel. Pour les photos la maquette était éclairée avec une lampe de bureau style ampoule halogène.

Après avoir repris certaines zones avec des nuances plus claires et plus foncées, je n'ai pas résisté longtemps à l'envie de gratter la peinture, en la ponçant plus exactement au Micromesh 6000, 8000 et 12000 sous un mince filet d'eau pour faire apparaître la couche aluminium sur les zones les plus exposées liées à la maintenance de l'avion. J'utilise le Micromesh pour la première fois et je suis emballé par ce produit.





Comme dans la réalité et pour respecter une pratique courante, j'ai repeint une partie des capots moteur en bleu nuit Humbrol 15.Peinture brillante qui sera idéale pour placer les insignes du GC 1/9.



8. Décoration :

J’ai décidé de représenter le F8F-1B du commandant en second du G.M 1/9 LIMOUSIN. J’ai obtenu de Georges OLIVEREAU l’autorisation de reproduire ici la magnifique planche qu’il avait consacrée à cette unité dans le numéro de septembre 1979 dans la revue AIR FAN, où l’on voit le Bearcat du commandant en second en patrouille avec un autre appareil.



A propos des traditions, il est difficile en retraçant un historique du GC 1/9 LIMOUNSIN durant la campagne d’Indochine de ne pas citer la note du commandant CAVAROZ au secrétaire d’état aux Forces Armée en date du 14 mars 1952 notifiant la modification des insignes du GC 1/9 LIMOUSIN.
Le personnel du groupe, les pilotes en particulier ne sont pas satisfaits des deux insignes : « l’insigne de la deux, un vautour replié sur lui-même tel un oiseau fatigué est un emblème décevant pour une escadrille de chasse. Celui de la une, une tête de sarigue est une copie presque exacte d’un panneau publicitaire sur les phosphates tunisiens ». C’est l’adjudant BOTTE qui dessine les nouveaux insignes : le vautour est devenu un aigle fonçant sur sa proie et la tête de sarigue est devenue une tête de fennec au regard en biais, malicieux et perçant. Ces nouveaux insignes font l’unanimité auprès des personnels du groupe.

L'avion du commandant CAVAROZ était un F8F-1B serial 95172 et était codé Golf donc la lettre G portée sur la dérive et sur l'anneau du capot moteur. En outre, il portait un écu regroupant les insignes des deux escadrilles du GC 1/9. Le 95015 était codé A dans la dotation initiale du groupe mais suite à une erreur des peintres il a été codé E et c'est le 95143 qui fut codé A. Quant à l'avion du second codé T (Tango) dans la dotation initiale, son Bu.No. était 94972 en mars 1951 et 95472 au 1er janvier 1952 (précisions tirées du HS n°6 AVIONS).

Au LIMOUSIN où l’on était particulièrement à cheval sur les traditions, il était de rigueur d’inverser les insignes d’escadrilles sur le seul avion du «Second». Par chance Model Art avait en son temps produit une petite planche où l’on retrouve ces insignes. Les décalcomanies de la boîte Hobbycraft semblent assez fines. Néanmoins, j’ai décidé de peindre les cocardes, ainsi que les lettres T de la dérive et du capot moteur.

J'ai découpé des pochoirs dans de la frisket pour la réalisation des cocardes bleu blanc et rouge avec un liseré jaune. L'opération serait facilitée sans liseré jaune mais bon c'est comme ça ! . Plusieurs étapes seront nécessaires. Tout d’abord, je vais peindre un cercle blanc au diamètre de la cocarde. Ensuite, je masquerai le cercle blanc en ne laissant que la partie formant le liseré jaune découverte. Puis, par masquages successifs, j’appliquerai le rouge et le bleu central.

L’outil idéal pour découper des cercles dans de la frisket ou de la carte plastique fine, est un compas à lame. Son seul inconvénient est qu’il ne faut pas espérer descendre à moins de 1 cm de diamètre.



L'application des masques obtenus est certes moins évidente sur le fuselage que sur les ailes, mais l'opération n'est pas insurmontable. Pour cela, je découpe le cercle au compas et réserve une partie assez large autour pour éviter qu’il ne se déforme lors de son positionnement sur une surface irrégulière. Le pouvoir adhésif de la frisket suffira à bien plaquer le pochoir. Je m'assure tout de même de l'étanchéité du pourtour en le pressant légèrement avec un outil à bout arrondi.



Tout se passait bien mais malheureusement, en repositionnant un des pochoirs pour réaliser le liseré jaune, la belle peinture blanche qui avait pourtant eu le temps de bien sécher, est parti avec la frisket, laissant ainsi apparente la belle sous couche aluminium. Génial pour vieillir un avion japonais, mais là, ce n'est pas le cas. J'ai testé les autres cercles blancs et là, même problème.

Bon, on se calme et on se résonne pour ne pas tester les qualités en vol du Bearcat. Tout est réparable, mais j'avoue avec honte et dépit avoir abandonné l'idée de peindre les cocardes. Ce sera pour un autre avion. J'ai donc décapé la peinture (l'énamel s'enlève très bien à l'alcool à brûler) et j'ai posé les décalcomanies de la boîte finalement très fines et réagissant bien aux assouplissants. J'ai posé les décalcomanies avant de repeindre pour éviter l'effet de transparence du bleu à travers le blanc. L’étape suivante consiste à reprendre la teinte bleue autour des décalcomanies qu'il va falloir protéger avec de la bande cache Tamiya.



J'utilise la frisket depuis des années et ne m'a jamais arraché de cette façon la peinture. Je soupçonne la sous couche aluminium d'avoir été trop poli, d'où un manque d'adhérence du bleu. La prochaine fois, je me méfierai et comme me l’a suggéré Lionel Vaillant, je peindrai les cocardes avant toute chose, surtout s’il y a une sous-couche aluminium.

La retouche de bleu ne se voit pas et les décalcomanies ont résisté au démasquage. Même si des cocardes peintes sont mille fois plus réalistes que des décalcomanies, j'avoue que le résultat est acceptable. Et puis avec quelques salissures bien dosées l'effet devrait être atténué. Je vais pouvoir continuer plus sereinement la patine de l'oiseau.





J’ai également réalisé au pochoir les T pour Tango de chaque côté de la dérive. Il y a deux interprétations suivant les sources : cercle rouge avec ou sans bordure blanche. J’ai choisi la première solution.





Je me suis ensuite penché sur la déco du capot moteur. Pour respecter les traditions en vigueur au GC 1/9 Limousin l’avion du Second arbore l’insigne de la 1ère escadrille, le fennec, à droite, et l’insigne de la 2ème escadrille, l’Aigle, à gauche.





 

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