Grumman F8F-1B Bearcat

Par Badger150

 

Présentation et Cockpit - Fuselage et Moteur - Train d'Atterrissage et Ailes - Peinture et Décoration - Vieillissement et Finitions - Conclusion

 

9. Vieillissement :

Enfin, j'arrive à la phase de vieillissement que j'affectionne particulièrement. Et là, je vais pouvoir me lâcher sur la bête. Un Bearcat en Indochine c'est sale, très très sale même. Les traînées d'huile et de gaz d'échappement du moteur maculaient généreusement les flancs du fuselage. Certaines photos montrent des traînées qui couraient jusqu'à la queue de l'avion et recouvraient presque entièrement les cocardes. Les ailes n'étaient pas épargnées non plus. Les zones de marche et celle d'accès aux trappes des armes étaient bien éraillées et poussiéreuses à souhait.

Pour les traces d'échappement, j'ai testé les nouveaux pastels Tamiya.



Présentation nickel dans un petit boîtier style maquillage pour nos dames. C’est à s'y méprendre. Pour l'application, un pinceau avec une partie en mousse et l'autre avec des poils très doux. Ces pastels sont légèrement gras et accrochent très bien sur une peinture matte.



Pour le centre des traînées, j'ai utilisé la poudre light sand pour imiter l'aspect blanchi de la peinture. Puis, la poudre mud pour l'extérieur de la traînée. J'ai aussi utilisé des pastels secs pour varier les teintes frottés au pinceau ou au coton tige sur les zones proches du capot moteur.



Des traces d'huile ou de graisses sont réalisées en tapotant un bout d'éponge trempée dans de l'encre de chine sépia sur la maquette. Les cocardes vont également recevoir leur dose de salissures (sans exagérer non plus). Traînées de gaz d'échappements sur les flancs et un peu de poussière sur le dessus. Les pneus et le bas des trappes seront également empoussiérés. La fin est proche.





10. Finitions :

Cette étape consiste à fixer l’ensemble des pièces qui avaient été mises de côté comme le train d’atterrissage, les trappes, les réservoirs, les diverses antennes, les feux du fuselage...

Le Bearcat pouvait être équipé avec une panoplie impressionnante de charges en fonction des missions qui lui étaient confiés : 4 roquettes HVAR de 126 mm, 2 bombes de 1000 lbs, 2 bombes de 500 lbs, 2 bombes de 260 lbs, 2 bombes de 200 kg françaises, 2 paquetages de 3 bombes de 50 kg françaises, 2 paquetages cluster (très efficace en appui direct mais dangereux à cause de la rupture intempestive du sertissage métallique des bombes), et 2 bidons de napalm. J’ai donc choisi d’équiper mon Bearcat de 2 bidons de napalm sous les ailes et d’un réservoir de carburant ventral.

En ce qui concerne le réservoir ventral, je l’ai un peu amélioré en retaillant la quille dorsale située à l’arrière (1cm de long sur 1mm de haut). Deux autres quilles centrales servant à l’accrochage sous l’appareil sont ajoutées, et un évent de trop plein carburant fixé sur l’avant.





Pour les bidons de napalm, il semble, d’après des documents photos de sources variées, qu’il en ait existé de plusieurs formes. Ceux de la boîte Hobbycraft me paraissant surdimensionnés, j’ai fouillé dans ma boîte à rabiot et j’ai récupéré 2 bidons plus conformes (voir photo en page 16 du n° 41 d’Aéro Journal pour ceux qui le possèdent). Ces bidons étaient pourvus d’un système de mise à feu disposé à l’arrière. Sur quelques rares clichés de ce dispositif on peut deviner comme un fil de fer partant de la «grenade », mais rien de bien sûr en fait. Pour avoir des infos fiables j’avais écrit à Jean BODSON, voici sa réponse : « Les allumeurs situés sur les bidons de napalm sont des détonateurs au phosphore vissés à la place des bouchons ; un fil de fer relié au pylône libère l’hélice qui en tournant amorce le dispositif lors du largage. En inerte le fil de fer part avec l’hélice qui reste goupillée et le système ne fonctionne pas. Souvent ça ne marchait pas et le pilote faisait un passage et mettait le feu au napalm d’une rafale de canon » ; dixit le Général FAURE ancien pilote de Bearcat que Jean BODSON venait de rencontrer.



Alors que le travail sur ces bidons était déjà bien avancé, j'ai eu la chance de trouver au dernier salon de la maquette à Paris, le dernier exemplaire du hors série n°6 d’Avions consacré aux chasseurs Grumman de l'armée de l'air : Hellcat et Bearcat. Très bien documenté sur le Bearcat avec des photos très instructives, notamment sur les différents types de bidons. Résultat, j’ai dû retoucher un peu les miens : recentrer le détonateur au phosphore et réaliser quelques bosses et creux comme sur les vrais (stockage et manutention sans précaution). J’ai utilisé une fraise boule pour grignoter le plastique et donner l’illusion de la tôle enfoncée sous les chocs



Une fois terminé, je les ai peints en aluminium. J’ai laissé sécher l’ensemble tranquillement avant de diffuser un jus (peinture à l'huile terre d'ombre naturelle ou raw umber) et d’entreprendre une patine appuyée.



En ce qui concerne les barres d'éloignement, elles n’étaient, à ma connaissance, pas montées sur les bidons de napalm emportés pas le Bearcat. Je n’ai donc reproduit que celle attaché sur le réservoir ventral. J’ai également détaillé les pylônes. Les bras ont été taillés dans un reste de vieux tube de dentifrice (avant le tout plastique), et les rondelles des pattes stabilisatrices découpées à l'emporte-pièce puis collées sur de petits axes en fil de laiton. Les bidons sont installés provisoirement pour les photos, mais je prévois de les fixer sans colle aux supports grâce à des tiges métalliques.





Le Bearcat dans sa version F8F-1B était équipé de 4 canons d'ailes de 20mm et le F8F-1 de 4 mitrailleuses de 12,7mm. Ce qui permet de les différencier au premier coup d'œil. Les canons de la boîte sont bons pour la boîte à rabiots. L'idéal est de les remplacer par des mini tubes (Miniméca ou autre). N'en n'ayant pas trouvé, j'ai opté pour du profilé rond Evergreen du bon diamètre creusé à son extrémité. Je perce un avant trou avec un foret de 0,3mm que j'élargis avec un foret de 0,5. Attention, il ne faut trop trembler. A l'intérieur des ailes j'avais ajouté deux renforts percés de 2 trous afin d'y glisser les tubes des canons. Je ne vais donc pas coller ces tubes en plastique pour pouvoir un jour les remplacer par des tubes métalliques.



J'ai ensuite confectionné un petit rétroviseur à placer au sommet du pare brise avec de l’aluminium poli ce qui permet de simuler le miroir. J'ai passé du klir mais cela ne se voit pas trop sur les photos.





A ce stade, il ne reste plus qu’à peaufiner des petits détails ainsi que la patine pour la rendre la plus réaliste possible. Les jambes ont été équipées de leurs circuits de freinage réalisés en fils de cuivre, les colliers de serrage étant eux en aluminium autocollant.





J'ai aussi ajouté de la tuyauterie qui court le long des parois des logements de trains.



J 'ai confectionné deux caches pour obturer les entrées d'air sur le bord d'attaque, au fond desquelles j'avais installé des grilles en photo découpe. Jamais vues sur les photos, elles seront peintes en rouge. Elles apportent une petite touche d'originalité.



Enfin, J'ai retaillé l'arrière du fuselage à son extrémité au niveau du logement de la crosse d'appontage dont seul le crochet apparaît. J'ai ajouté la manille de "hold back" sous la crosse, puis un petit feu de position en grappe transparente étirée et mise en forme à la flamme d'une bougie et collé sur un petit support en aluminium découpé à l'emporte pièce.



 

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