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Potez 25 TOEPar Dédédoc |
| Echelle : |
1/72 |
| Marque : | Hit Kit |
| Longueur : | 122 mm |
| Envergure : | 196 mm |
| Type : | plastique injecté + métal blanc + photodécoupe |
| Lignes de structures : | en creux |
Parmi les avions français marquant l'entre-deux guerres, le Potez 25 a une place de choix. De conception typiquement " guerre de 14 ", il était encore en service pendant la guerre de 39-45, à un emploi, il est vrai, de bonne à tout faire. C'est d'ailleurs pour cela que la version TOE (Théâtre d'Opérations Extérieures) a été la plus longtemps utilisée, et ce, dans les colonies, particulièrement en Orient, mais également en Afrique, avec notamment " la croisière noire " de novembre 1933 à janvier 1934. Mais c'est tout de même en Indochine qu'il a servi le plus longtemps, jusqu'en 1945.
C'est un assez gros avion pour un monomoteur : un sesquiplan, c'est à dire dont le plan inférieur est (en gros) moitié plus petit que le plan supérieur (Sesqui- en latin, ça veut dire un et demi). Mais trêve de latinités, voyons le kit.
Injecté en Pologne, je n'avais jusque là rien contre
les polonais. Au contraire, même, leur histoire douloureuse
m'avait ému. Voyant sur une étagère les
premières versions du Potez 25, avion qui représentait
pour moi tout un pan négligé de l'histoire de
l'aviation française (Cf quelques radotages sur le forum), mon
cœur frémit en pensant à ces braves gens qui avait
l'audace qui manquait à nos fabricants nationaux. J'attendis
avec impatience la sortie du Potez 25 TOE qui est pour moi la plus
intéressante version. Et enfin, Allélouia, mon vendeur
de maquette pencha un jour la tête en me voyant entrer et, les
anges du ciel entonnant une lancinante mélopée, ce
merveilleux homme me dit:
- Le voilà.
Ah quels mots ! la joie inondait enfin ma poitrine rendue catarrheuse
par l'attente…
Qu'est-ce que vous dites ? J'en fais un peu trop ? Vous attendez la suite ?
Bon.
La boîte est belle. Plate, mais avec une très
jolie illustration et derrière, les profils issus de l'ouvrage éponyme
de chez Lela Presse. Nanti de ces références, je me dis que ce
devait être joli.
Arrivé chez moi, j'ouvris fébrilement la boîte et je vis….
Je dois m'asseoir. Ce souvenir m'est encore trop douloureux. Bien sûr,
il y a marqué short run. Mais enfin là, c'est vraiment très
short et encore plus run. Plastique blanc cassant, plein de retassures, y compris
sur le fuselage, les ailes d'une épaisseur à rendre jaloux un
Big Mac et pour arranger le tout, en deux parties. La toile même pas figurée
et surtout, surtout, les bavures. Oh non, pas les petits bouts de plastique
en trop qui font riche, non, des pièces englués dans une masse
de matière presque aussi épaisse que la pièce elle-même.
A voir le dessin de ladite pièce, on se dit qu'elle aurait été
pas mal si elle avait été moulée correctement…
A cela s'ajoute une plaque de white metal fabriquée par Eduard, donc
rien à en dire et un radiateur frontal et une hélice en métal
également, typiques de la version TOE. Enfin, une grande planche de décals
bien imprimée et (merveille) de la bonne couleur (je parle du bleu français).
Enfin un point positif.
Je mis longtemps avant d'oser attaquer le problème. Car en l'occurrence, plus qu'une maquette, c'est un problème. Un article dans Réplic (n°77) consacré au A2 me confirma dans mes craintes, malgré une conclusion optimiste (" réclame du travail, mais rien d'insurmontable ").
Enfin, un jour de délire, je résolus de m'y mettre. J'achetai la bible, le " Potez 25 " de chez Lela Presse, qui est, j'ai le regret de le dire pour les portefeuilles, absolument indispensable, ne serait-ce que pour le plan auquel il faut sans arrêt se référer. De toute façon, il n'y a pas d'autres bouquins à ce sujet.
Et là, ça a commencé.
Original, je me suis d'abord attelé au cockpit. Le
plan annonce qu'il faut en premier lieu bâtir l'ensemble de l'armature
pour ensuite la glisser dans les deux demi-fuselage. Réplic me dit que
ça ne rentrera pas. Inutile de vérifier, ça se voit à
vue d'œil. Alors, j'ai commencé par poncer le fuselage par l'intérieur
jusqu'à le rendre presque translucide. C'est nécessaire pour lui
donner un air plus convaincant et avoir un cockpit à peu près
réaliste. Ensuite, il a fallu installer chaque armature le long du fuselage
(je ne vous raconte pas les repères à prendre pour que ce soit
en face une fois tout collé), puis les lisses transversales à
couper d'abord à la bonne largeur (là encore, la règle
est obligatoire). Hit kit a poussé le vice jusqu'à inclure des
rails en métal pour installer le palonnier. Sur le plan, ça fait
pas mal, ça fait même authentique, mais c'est inutilisable (au
moins pour moi). Alors, entre des pièces en plastique à affiner
de pratiquement la moitié et le métal qui se tord dès qu'on
y touche, sachant qu'on ne verra pas grand chose une fois tout fermé,
j'ai le déshonneur de dire que j'ai un peu simplifié. Par contre
-escusez la vantardise-, je trouve que je m'en suis pas mal sorti avec le tableau
de bord. Pour ceux qui tombent pour la première fois sur des short run
tchèques, et particulièrement sur les tableaux de bord en métal,
voici le conseil de Dédédoc (que ceux qui ont déjà
lu la recette sur le forum sautent ce passage). En fait, c'est en faisant précisément
cette maquette que la Grâce m'a touché (il faut dire qu'elle avait
à se faire pardonner, la Grâce) :
Vous peignez de blanc l'arrière du cadran en acétate (en plastique
transparent) et vous laissez sécher. Une fois sec, vous badigeonnez de
colle blanche (colle à bois ou colle spéciale pour les verrières)
l'arrière du tableau de bord en métal, vous attendez quelques
secondes puis vous posez le cadran découpé face imprimée
sur la colle. Vous retournez la pièce et avez tout le temps pour mettre
les cadrans imprimés bien en face des trous. Ensuite, lâchez tout
et ne touchez plus à rien ! La colle blanche a fâcheuse tendance
à ne pas maintenir les pièces avant séchage. Donc, on attend
que ça sèche sans rien toucher. La caractéristique de la
colle blanche est de devenir translucide en séchant. Du coup, ça
fait un film brillant devant le cadran, comme en vrai. De plus, et cela fut
valable pour cette maquette, la colle blanche est élastique, on peut
donc tordre sans risque de décollement la pièce en métal
pour l'insérer dans le cockpit. ( En l'occurrence, dans ce cas, le tableau
de bord était légèrement courbe).
Une fois donc tout en place, y compris quelques boîtiers, manettes et
cadrans sur les flancs intérieurs du fuselage, on referme. Cette phrase
a l'air toute simple, mais j'y ai passé un jour entier. L'ajustage des
deux demis fuselage est relativement aléatoire. Il faut poncer, mastiquer,
reponcer, remastiquer, etc. J'utilise également du plastique fondu au
trichloréthylène, matière très agréable à
travailler, mais qui doit être utilisée avec parcimonie parce qu'elle
fait fondre le plastique en dessous. Enfin, regravage, pour ce qu'on peut sauver.
Les retassures du modèle avaient abîmé des gravures fines
de radiateurs du nez : impossible à récupérer.
Ensuite, collage du dessous. Là encore, aucun point de repère.
Il faut utiliser le plan du livre. Et encore, jusqu'au bout, j'ai eu un doute
sur le positionnement, et je n'en ai compris la raison qu'une fois le modèle
terminé. Nous y reviendrons.
Rebelote, ça continue. Ponçage, ponçage,
ponçage. Là encore, il faut rendre, au moins pour l'aile supérieure,
le plastique quasiment transparent. Et ce n'est pas totalement satisfaisant.
Pour l'aile inférieure, j'ai inauguré une technique que je vous
livre pour ce qu'elle vaut. Pour avoir un bord de fuite à peu près
acceptable, j'ai affiné au maximum les deux pièces supérieures.
Mais en posant dessus les inférieures, il y avait un jour important dû
peut-être à la façon dont j'avais poncé de l'intérieur.
J'ai donc découpé toute la longueur du bord de fuite de la pièce
inférieure et j'ai réduit encore l'épaisseur de la pièce
supérieure avec un cutter, mais en laissant intacte le bord de fuite
lui-même. Lorsque j'ai collé les deux pièces l'une sur l'autre,
j'avais un seul bord de fuite (celui de la seule pièce supérieure,
en fait), acceptable. Le joint dû au bord de fuite retiré de la
pièce inférieure a été mastiqué et poncé.
Il est nécessaire ensuite, pour fixer l'aile inférieure d'utiliser
de la corde à piano. Sinon, c'est beaucoup trop cassant. Donc, là
encore, réglette, plan, petits trous dans l'épaisseur de l'emplanture
de l'aile et collage à la cyano de petits morceaux de ferraille. Attention,
ça pique. Puis petits trous correspondants dans le fuselage et en voiture
Simone ! A la cyano aussi, pour faire bonne mesure. Et là, je peux vous
assurer que ça tient.
On continue dans le registre "les deux orphelines". Pour l'empennage, c'est encore plus simple que tout le reste, il est archi faux, il faut tout refaire. Comme je n'ai pas envie de me payer les gondolages de la profondeur entoilée, je les désolidarise des stabilos et je les remets en forme. Une chance, c'est eux qui sont trop grands. Par contre, il faut retailler des stabilos dans de la carte plastique. Là encore le plan est nécessaire. Les mats sont affinés puis utilisés tels quels, tant pis. Pour la dérive et le gouvernail, en ponçant un peu tout ça, on arrive à s'en sortir à peu près. Mais sur mon modèle, il y avait de grosses retassures à combler.
Dans Réplic, l'auteur refait les mats en profilé.
J'ai pris le risque fou d'utiliser les pièces fournies. En fait, après
un bon ébarbage et affinage, ils ont fait l'affaire. Le problème,
c'est que sur cette cochonnerie d'original, tous les mats sont obliques. Il
ne manquait que cela, que M.Potez (1) s'y mette aussi . Du coup,
il faut percer les trous correspondants dans l'intrados de l'aile supérieure
et, sans coller cet intrados, faire sécher les mats logés dans
lesdits trous, avion sur le dos. Comme ça ils seront parfaitement en
place lorsqu'on posera l'aile supérieure.
Pour installer le radiateur frontal en métal, il faut découper
les carénages des pots d'échappement. (Ces derniers sont particulièrement
hideux, il faut les remplacer). Attention cependant à la version que
l'on désire réaliser. Certains TOE (en particulier les premières
séries) avaient le radiateur du A2, c'est à dire sans les sortes
d'oreilles qui aboutissent au carénage des pots d'échappement.
Je me suis laissé avoir.
Il faut encore faire un choix : premières versions
ou postérieures. Les trains Potez ou Messier. Pour les premières,
les jambes du train sont profilées. Je les ai trouvées plus chouettes,
même si elles étaient moins solides que les suivantes (d'où
leur remplacement). Ce fut là, mon erreur, puisque pour les décorations
proposées si on utilise le train première version, il faut installer
le radiateur en plastique sans les oreilles. Si on préfère celui
en métal à oreilles, il faut placer le train fin Messier. En retaillant,
et en affinant tout cela, on arrive à s'en tirer presque à bon
compte. Parce que les pneus, par contre, sont inutilisables sous cette forme.
Allez savoir pourquoi, on compte pas moins de huit demi-roues. Dont la plupart
sont inutilisables du fait des retassures et trop plein de matière. Lorsque
enfin vous trouvez votre bonheur, force est de constater que le diamètre
n'est pas le bon. Les roues du TOE étaient plus grandes que celles de
l'A2. Et dans Réplic, ils précisent bien que, même pour
l'A2, le diamètre des roues est trop faible. Comme la différence
vient plus des pneus que des jantes, j'ai simplement gonflé les pneus.
J'ai déposé du plastique liquéfié sur les pneus
existants quitte à en faire des choses informes, puis, une fois secs
(le lendemain tout de même) en les fixant sur un foret, j'ai fait tourner
le tout sur la mini perceuse en laissant glisser d'abord une lame de cutter
pour égaliser puis du papier de verre pour fignoler. Une fois peint en
gris pneu, on s'en tire pas trop mal. Sachez quand même que je m'y suis
repris à trois fois, le galbe et la dimension égale des deux pneus
étant difficile à obtenir.
Une fois le train installé, peinture. Vu le début, c'est une partie
de plaisir. Comme le schéma n'est pas bien compliqué, j'ai peint
au pinceau comme du temps de ma folle jeunesse. Il suffit de suivre les contours
du moteur pour séparer l'alu mat du vert prairie (Humbrol 76) ou vert
pomme UA146 de Life color pour ceux qui préfèrent l'acrylique.
Ne vous fiez pas aux photos, je suis un photographe nul.
Dernière grosse opération, le haubanage. Il est assez tarabiscoté, et pour le plaisir, doublé. Il doit être réalisé avant de poser l'aile supérieure, au moins pour les entretoises de cabane. Je l'ai réalisé en fil à gants qui a l'avantage d'être très fin et de bien supporter le cyano. Donc, haubans de cabane puis collage des fils dans les trous du fuselage et du plan inférieur. Ensuite, installation du demi-plan inférieur de l'aile supérieure (vous me suivez ?), et perçage des trous du haubanage dans ce plan. Les fils étant bien arrimés par la cyano au plan inférieur, on n'hésite pas à tirer à travers le trou supérieur pour que ce soit bien rigide. Personnellement, je laisse pas mal de fil dépasser et j'y accroche une pince à linge. Son poids suffit à tendre le fil. Petite goutte de cyano par-dessus pour qu'on ne voie rien et le tour est joué. Enfin, comme les fils allant du mat de cabane au pied des mats de devant étaient uniques et plus gros, je les ai réalisés en corde à piano. On fixe enfin l'extrados de l'aile supérieure. Ouf.
Pour terminer, après les décals, on pose les
fils de l'empennage. Là aussi, je suis fainéant, je fais un trou
dans la dérive, et je colle les deux bouts du fils aux deux stabilos.
Donc, une seule opération au lieu de deux. Et enfin, comme la béquille
était une fois encore inutilisable, je l'ai refaite intégralement
en carte plastique, étiré, corde à piano et alu adhésif,
rien de moins.
Si je n'ai pas posé la tourelle en place arrière, c'est que les
mitrailleuses fournies étaient (vous vous en doutez) inutilisables et
que, d'autre part, les Potez 25 TOE volaient souvent en en étant dépourvues.
Ah oui, j'oubliais les deux prises d'air du carburateur sous le nez (non, ce
ne sont pas des échappements). Elles ne sont pas fournies, donc à
réaliser en creusant un bout de grappe un peu étirée. Par
contre, elles ont un angle bizarre à respecter dans la mesure du possible.
J'avais dit plus haut que quelque chose me chiffonnait dans la ligne de cet avion, particulièrement dans le positionnement du dessous du fuselage. Ce n'est qu'une fois posé sur ses roues que j'ai compris que cela venait de la forme inférieure du capot moteur. En fait, la forme entière du moteur est erronée. Sur le dessus, ce n'est pas trop voyant, mais dessous, le joint avec le fond typique du TOE est visiblement faux. Je ne m'en suis rendu compte que trop tard.
Voilà l'odyssée. J'ai mis du temps, j'ai osé des choses que je n'avais jamais faites, le résultat vaut ce qu'il vaut, j'en suis conscient. Il n'empêche -et ça vous rappellera obligatoirement quelque chose- ce vilain petit canard chiant, qui m'a donné du fil à retordre à chaque étape -sauf les décals, c'est vrai-, je l'ai insulté, il m'a fait passer des heures infernales, eh bien, posé sur ses pattes sur l'étagère, je le regarde avec une tendresse toute particulière.
Et je vais vous faire un aveu : j'en ai racheté un exemplaire (2) !
(1) En fait, Louis Corroler, ingénieur.
Rendons à César ce qui est à César. Mais
Henry Potez est quand même responsable…
(2) Sur la réédition du kit, on dirait que l'injection
est un tout petit peu meilleure (c'est cette planche-là qui
est prise en photo).