Supermarine Spitfire HF Mk VI

Par Fabrice Fanton

 

Base : maquette Tamiya au 1/48ème

Historique :

Le Supermarine Spitfire Mk VI fut développé pour contrer la menace des avions allemands volant à haute altitude et particulièrement le Junkers Ju 86 dont certaines versions pouvaient monter à 15 000 m. Le Mk VI utilisait la même cellule que le Mk V, mais avec un moteur Roll Royce Merlin 47 développant 1435 cv et actionnant une hélice quadripale. La modification la plus visible était le montage de saumons d'aile pointus, conçues pour accroître les performances de l'avion à haute altitude. 100 Mk VI ont été construits par Supermarine entre décembre 1941 et octobre 1942. Quelques uns furent envoyés au Moyen-Orient, mais la plupart restèrent basé en Grande Bretagne.
Le Mk VI ne fut pas un grand succès. Il avait un cockpit pressurisé dont la partie centrale de la verrière devait être verrouillée avant le vol au grand déplaisir des pilotes. Bien sûr, ceux-ci pouvaient la larguer en vol en cas de nécessité. Ses performances laissaient à désirer par rapport à celles espérées, et au Moyen-Orient le Mk V modifié lui était supérieur. Par ailleurs, la menace des bombardiers allemands de haute altitude ne s'était jamais matérialisée. Les Mk VI survivants furent donc retirés des premières lignes et utilisés pour l'entraînement. Dans ce rôle, le cockpit pressurisé, les saumons pointus et l'armement étaient démontés. Cependant l'idée d'un Spitfire de haute altitude à cockpit pressurisé n'avait pas été abandonnée, puisque la production du Mk VII commença en août 1942, avant que prenne fin celle du Mk VI.

Présentation :

La maquette ayant servi de base pour ce montage est le Spitfire Mk Vb de Tamiya. La conversion en résine est produite par PAVLA (réf. U48-17) et contient les saumons d'ailes pointus, les pales et la casseroles d'hélice, la petite prise d'air et le carénage en goutte d'eau du démarreur Coffman situés sur le côté droit du capot moteur, les cloisons avant et arrière du poste de pilotage, le siège, les plaques blindées derrière le siège, la verrière thermoformée et une petite planche de décalques permettant 2 décorations complètes (le BS111 codé YQ-P et le BR326 DL-Z) et comprenant aussi 4 immatriculations supplémentaires (AB527, BR304, BR318 et BR582). A noter cependant que le BR582 était un Mk Vc.

Fuselage et cockpit :

La verrière étant verrouillée et non plus coulissante, j'ai commencé par modifier le fuselage en bouchant la gravure représentant le portillon d'accès sur le côté gauche ainsi que les rainures permettant à la canopée de glisser vers l'arrière. A l'intérieur du fuselage gauche, j'ai supprimé la gravure correspondant au portillon et recréé la structure interne.

Divers câbles en fil de cuivre ainsi que des manettes et des boîtiers en carte plastique sont ajoutés pour étoffer un cockpit un peu vide. Pour les canalisations du système de pressurisation, j'ai utilisé du fil en caoutchouc (tiré d'une vieille chaussette !) pour sa souplesse et sa facilité à être collé avec de la superglue, de plus il supporte très bien la peinture. Quelques petits rectangles de fine carte plastique sont collés ici et là pour figurer les plaques d'instructions.

La maquette Tamiya n'a pas de " plancher " sous le cockpit (en fait tout simplement le bas du fuselage). J'en ai donc construit un en carte plastique. Il est sommaire, mais il sera peu visible une fois l'intérieur peint et les demi fuselages assemblés.

Pavla fourni une cloison arrière et une autre à coller derrière le cadre de fuselage supportant la planche de bord. Le siège en résine est une production Ultracast. Le collimateur est celui du kit Tamiya dont j'ai découpé la vitre et aminci les support de celle-ci avant d'y coller un petit carré de rodhoid dont le haut sera biseauté. Le manche à balai est poussé vers l'avant car les gouvernes de profondeur seront braquées vers le bas.

Tout les pièces composant le cockpit sont peintes en vert intérieur anglais (Humbrol n°78) après une couche d'apprêt gris clair Tamiya pour faciliter l'accroche de la peinture verte. Je les ai ensuite brossé avec un mélange de 1/3 de vert intérieur, 1/3 de blanc et 1/3 de jaune pâle (pour que le vert ne tende pas trop vers du gris verdâtre) afin de faire ressortir les reliefs. Finalement, un lavis de noir et terre de sienne, couleurs à l'huile diluées au white spirit, viendra approfondir tous les creux. Le siège est peint en brun rouge avec le coussin dorsal en noir et le harnais en gris clair. Le tableau de bord et différents boîtiers et manettes sont peints en noir et brossés en gris clair. Quelques touches de rouge et d'argent viennent un peu égayer cet intérieur.

Les deux demi fuselage peuvent alors être assemblés après que la totalité des pièces composant le cockpit aient été collée dans l'un des deux.

Sur le côté droit du capot moteur, il ne faut pas oublier le petit carénage en goutte d'eau du démarreur et juste derrière et légèrement plus haut la prise d'air du système de pressurisation. Je n'ai pas utilisé la pièce en résine de Pavla car elle était cassée et difficilement réparable, mais une autre en plastique provenant d'un kit ICM de Spitfire Mk IX.

Ailes, gouvernes et radiateurs :

J'ai du coller en force l'extrados et l'intrados au niveau des puits de train pour qu'il n'y ait pas un jour au fond de ceux-ci. Les saumons d'ailes pointus en résine ne joignent pas très bien et le mastic sera mis à contribution. La gravure sera à refaire sur ces saumons car elle est approximative, mais les lignes sont simples. J'ai aussi fait une petite encoche pour les feux de positions. Ceux-ci en plastique transparent sont récupérés dans une boîte Revell de Spitfire Mk IX (ex Hasegawa).

J'ai séparé les gouvernes de profondeur des empennages afin de les braquer vers le bas. L'opération est très simple. Il suffit de passer plusieurs fois le tranchant d'une lame de cutter dans la rainure de l'articulation des deux côtés, de sectionner toujours avec le cutter la partie de la gouverne qui revient vers l'avant et, ceci fait, de briser la pièce en deux pour obtenir d'un côté le plan fixe de l'empennage et de l'autre la profondeur. J'ai limé grossièrement la partie découpée de ces pièces pour aplanir et égaliser le tout, puis j'ai creusé une rainure arrondi dans la partie fixe avec une lime " queue de rat ". Quant à la gouverne, une bandelette de 1mm d'épaisseur est collée sur le chant découpé et arrondi au papier de verre. Ainsi, la gouverne peut pivoter dans la rainure de l'empennage et être collée dans la position voulue. Je laisse de côté les profondeurs que je ne collerai qu'après peinture.

Je reviens sur l'aile en m'occupant des radiateurs. Le petit radiateur sous l'aile gauche est destiné au refroidissement de l'huile. Celui du kit convient parfaitement, mais comme il me restait une exemplaire en résine produit par Airwaves avec un arrière légèrement différent, je l'ai substitué à la pièce en plastique. Le gros radiateur de liquide de refroidissement sous l'aile droite est plus problématique. La pièce figurant la grille avant est trop petite tant en largeur qu'en hauteur. En gravant avec un cutter des lignes parallèles et à intervalle régulier sur une petite bande de plastique de 0,7mm d'épaisseur, on obtient une grille qui fera l'affaire après avoir collé une fine bandelette de carte plastique en son milieu. De même la pièce à coller à l'arrière du radiateur est peu convaincante. La solution : lui substituer celle devant aller à l'avant, et mise de côté jusque là. J'ai figuré avec deux petites longueurs de fil électrique les conduits prélevant de l'air chaud pour les canons et mitrailleuses. Enfin, dans le carénage du radiateur, j'ai représenté avec deus petits profilés plastique de 0,25mm sur 0,5mm les renforts du volet de celui-ci. Ce carénage sera collé après la peinture du modèle. A l'avant du radiateur, avec un petit morceau de fil de cuivre plié à angle droit, j'ai figuré une petite sortie de canalisation visible sur de nombreuses photos :

N'étant pas satisfait de la représentation des canons de 20mm, je les ai découpés et remplacés par ceux en résine produit par Ultracast, mais c'est une affaire de goût car ceux de Tamiya sont corrects.

Le collage de l'aile sous le fuselage pose peu de problème. Le joint à l'extrados est quasiment parfait. Il faut juste faire attention au raccord Karmann. J'ai du utiliser un peu de mastic pour supprimer une marche apparaissant au bord d'attaque de l'aile tout contre les flancs du capot moteur. D'ailleurs, à cet endroit, à gauche, il faut percer un trou figurant l'emplacement de la ciné-mitrailleuse. Un peu de mastic est aussi nécessaire à la jonction entre l'intrados et le dessous du fuselage.

Peinture et décoration :

Après avoir collé et masqué les parties vitrées du kit Tamiya (la verrière thermoformée de Pavla étant de piètre qualité), préalablement trempées dans du Klir pour une parfaite transparence, j'ai nettoyé la maquette avec de l'alcool afin d'éliminer tous les résidus gras notamment les traces de doigt. Concernant la partie arrière de la canopée, j'ai choisi de représenter les renforts horizontaux latéraux avec la peinture du camouflage et non avec de la bandelette plastique ou de l'adhésif aluminium, car cela aurait été visible de l'intérieur par la suite.
Peu d'originalité pour les Mk VI. Ils portaient une livrée classique d'Ocean Grey et Dark Green dessus, et Medium Sea Grey dessous. Cependant certains ont été revêtu d'un gris appelé Mixed Grey en lieu et place de l'Ocean Grey. Selon la recette officielle, cette teinte était obtenu en mélangeant sept part de Medium Sea Grey avec une part de Night (noir mat). Dans les fait, la teinte appliquée allait d'un gris très foncé à un gris quasiment indiscernable de celui de l'intrados. Pour le Medium Sea Grey, j'utilise un mélange à part égale de blanc mat et de gris Humbrol 156. Afin de mieux appréhender ce Mixed Grey, j'ai fait le mélange " officiel ", et j'ai obtenu un gris pas plus foncé que l'Ocean Grey, mais plus bleuté. Désirant quelque chose un poil plus sombre, je me suis rabattu sur le Humbrol 27.

La décoration que j'ai retenu est celle du Spitfire immatriculé BS111 livré le 1er août 1942 au 616 Squadron et codé YQ-P. J'ai choisi de le représenter quelques semaines après son affectation, donc patine légère.
J'ai tout d'abord peint la verrière en vert intérieur Humbrol 78. Ensuite, le jaune des bords d'attaque des ailes sur une sous couche blanche. De même, toujours sur une couche de blanc, j'ai peint la bande de fuselage en Sky. Les bords d'attaque et la bande de fuselage sont soigneusement masqués à la bande cache Tamiya. Pour la bande de fuselage, j'ai utilisé celle fournie en décalque dans le kit comme gabarit pour découper la bande cache. Le Medium Sea Grey est appliqué ensuite à l'aérographe sur tout l'intrados. Puis, masquage de celui-ci et vaporisation du Mixed Grey sur l'extrados des ailes et le fuselage. Enfin, après avoir protégé les zones restant en gris foncé à l'aide de Maskol Humbrol, j'ai appliqué le Dark Green.
En attendant le séchage, je suis parti à la pêche aux codes de fuselage de couleur Sky. Je les avais repérés sur la superbe planche de Victory Products consacrée aux as sur Spitfire (42 décorations), mais en remettant la main dessus, je me suis aperçu que la couleur des lettres est loin d'être du Sky, mais plutôt une espèce de gris jaune verdâtre affreux. J'ai donc utilisé ces lettres comme gabarit pour les découper dans de la bande cache Tamiya, appliquer celle-ci sur le fuselage et vaporiser plusieurs fines couches de blanc pour finir avec la même couleur Sky que la bande de fuselage. Malheureusement, peignant sur une surface foncée, j'ai du forcer sur la quantité de peinture et après avoir enlevé les masques j'ai été obligé de gratter doucement avec une lame de cutter le tour des lettres pour enlever le rebord de peinture. Finalement, le résultat n'est pas si mal.

Un fine couche de Klir sur l'ensemble de la maquette permet d'avoir un très léger effet satiné et de protéger un peu la peinture pour le passage d'un jus de peinture à l'huile noire et terre de sienne brûlée diluée avec du white spirit. Ce jus est essuyé dans le sens du vent relatif avec une feuille d'essuie-tout légèrement imbibée de white spirit. Ce papier, une fois mouillé avec le diluant, devient un peu plus raide et joue un rôle abrasif sur les arrêtes. Le tout est de bien doser les passages. Quelques coulures d'huile sous le capot moteur sont faites à l'aide de noir dilué ainsi que de discrètes éraillures à l'emplanture des ailes. Plusieurs couches de Klir sont alors appliquées pour avoir une surface brillante, ce qui aidera la pose des décalques.
Ceux-ci proviennent de la petite planche Pavla pour le numéro d'immatriculation BS111, les cocardes des ailes et le drapeau de dérive. Les stencils sont prélevés sur une planche Aeromaster. Les décalques Pavla sont très fins et épousent merveilleusement bien la surface de la maquette. Les cocardes de fuselage sont issues d'une planche Xtradecals car le jaune de celles de Pavla me semblent un peu trop citronné. Toutes les lignes de structures couvertes par les cocardes sont reprises au pinceau fin avec du gris foncé. A ce moment, je colle les profondeurs sur le fuselage et le mat d'antenne derrière le cockpit et, après séchage, je passe une couche de vernis satiné Eagle Colors (d'origine Vallejo).
Les canons dépassant des manchons sont peints avec la teinte Gun Metal de la gamme Metalcote d'Humbrol. Cette peinture sèche très vite (30mn) et procure un fini métallique très réaliste après un brossage avec un pinceau brosse.

Finitions :

Le train d'atterrissage est bien représenté par Tamiya. Les jambes ainsi que la totalité des trappes (intérieur et extérieur) sont peints en Medium Sea Grey. La jante des roues est en aluminium Tamiya avec un jus sombre pour accentuer les creux. Les pneus sont en gris très foncé et reçoivent un léger jus de couleur terre. Le train se fixe sans aucun problème dans son logement.
Les échappements en résine d'Ultracast sont peints au pinceau en gun metal Humbrol 53. Une fine couche de vernis marron Citadel Color est ensuite passé sur les pièces.
L'hélice vient terminer le montage du kit. Les pales sont noires avec l'extrémité jaune. La casserole est peinte en Sky. J'ai fait un léger éraillement sur le bord d'attaque des pales.

Et voilà le résultat :

Merci à Jean Robert pour les informations techniques et à Griffin qui a bien voulu relire et corriger cet article.