Sopwith Camel F-1 - 1/32

Par Marko Baric

 

Maquette Hobbycraft

Le Montage du kit

A l'ouverture de la boite, il est évident que le montage va nécessiter un certain travail personnel pour améliorer le kit. Le cockpit, un peu " vide " pour l'échelle sera le sujet d'une attention toute particulière.

Sous-ensemble cockpit
J'étudie un peu le siège et j'en conclue qu'il sera plus facile d'en refaire un " maison ", plutôt que d'essayer d'améliorer celui de la boite. Oui mais comment imiter le cannage ?
Et bien tout simplement en reproduisant la technique du cannage véritable
Tout simplement, tout simplement. C'est vite dit !
Allez, je me lance, on verra bien.
Je conserve l assise du siège en plastique sur lequel, je viens installer des armatures rigides en trombone de bureau qui seront pliés en baïonnette et qui formeront la structure du dossier. Ensuite je commence à tresser avec du fil de cuivre fin (0,35mm). Je termine avec du milliput pour simuler le coussin périphérique de cuir (il cachera et consolidera les jonctions ).
Je passe une sous couche de Humbrol Matt 83 suivit d'un brossage appuyé en Humbrol Matt 95 et j'obtiens ceci.
La partie " cuir " est peinte à l'huile (mélange empirique)

Encore un peu de milliput pour confectionner le coussin, de la feuille de plomb récupéré sur une bouteille de vin pour les brelages et voilà au final un siège un peu plus réaliste que celui de la boite.

" Ouuai ! Pas trop mal " me dit ma compagne, qui ne loupe pas une occasion de railler notre hobby! Fort de cet encouragement débordant d'enthousiasme, je décide de refaire en balsa la structure interne de l'habitacle pour lui donner plus de volume.
Après un nombre incalculable d essai à blanc..

Et après montage, quelques petites modifications et peinture le résultat est le suivant

Le tableau de bord

Celui de la boite est erroné : trop petit, trop plat….. Mais je l ai néanmoins conservé comme base. Après avoir poncé les détails figurés en relief, je l ai remis en forme pour qu il corresponde davantage à la réalité. Il doit notamment laisser passer l'arrière des mitrailleuses.
Ceci fait, je m'attaque aux instruments de bord, manettes et other bits comme on dit outre-manche.

Les cadrans en photo découpe n'ont à mon goût pas assez de volume pour ce type d'avion à cette échelle. J'ai donc réalisé les cadrans moi-même avec un emporte-pièce (Push and Die)Ils sont peints au pinceau et une goutte de vernis brillant est déposée ensuite dans chaque cadran.

Sous-ensemble moteur et mitrailleuses

Après quelques améliorations et adaptations des mitrailleuses et de la " bosse " du Chameau ( carénage des mitrailleuses),

Je m'attaque au moteur qui reçoit quelques fils de cuivres. Il est peint en noir et simplement brossé à sec au numéro 11 Humbrol. Les fils de cuivres sont également repeint couleur cuivre pour les rendre plus visibles.

La peinture du capot et du carénage s'est faite avec de la Model Master Metallizer Magnesium. Je termine par un léger jus noir pour faire ressortir les détails


Sous-ensemble fuselage

Le fuselage est monté en parallèle avec le cockpit (ainsi d ailleurs que tous les autres sous ensembles). Après les travaux d'usage (masticage et ponçage), les multiples corrections et améliorations qu'il serait trop long d'énumérer, le fuselage est peint,
Tout d'abord en blanc ensuite en alu sur l'avant, bois autour du cockpit (Technique utilisée : URL vers petit article " Imiter le bois) et enfin vert pour l'entoilage, après avoir réalisé les pochoirs des deux "Cocottes Blanches"

L'assemblage du fuselage, du cockpit et du moteur

Tous les sous-ensembles sont à présent prêt à être assemblés.
Et je termine en réalisant les collimateurs en scratch.

Vous pouvez également voir les " ergots " sur lesquels viendront de fixer les mats de cabane

Sous-ensemble voilure

Ici, il faut signaler que le dièdre proposer par Hobbycraft, est faux. L'aile inférieure est trop parallèle à l'aile supérieure. J'ai modifié légèrement cet état de fait mais l'aile inférieure étant moulée d'un seul tenant, il est difficile de remonter les extrémités des ailes sans déformer le centre de celles-ci. Mon dièdre n'est dont pas entièrement correct mais je vous avoue que cela ne m'empêche pas de dormir.

Vient ensuite le délicat travail de l'assemblage des ailes, des mats d'entretoises et des mats de cabane.
Tous les mats sont forés longitudinalement à leurs extrémités sur deux ou trois millimètres pour y placer une broche (aiguille de 0.4mm) et percés transversalement pour laisser passer les futurs haubanages (trous de 0.2mm).
Les mats de cabane ont été refait car trop longs et une fois remis à dimension, la section transversale était devenue trop petite pour être forés.
Ces derniers, ne reçoivent de broches qu'en parties supérieures mais sont percées en partie inférieure pour recevoir les " ergots " qui sont fixée au fuselage.
Les ailes sont également percées de part en part pour le passage des broches des mats et les passages des câbles de commandes.
Les ailes sont finalement assemblées après de nombreux montages à blancs (Les broches facilitent grandement l'exercice). Pour terminer, les broches sont arasées, les orifices dans les ailes sont rebouchés, poncés et l'ensemble est peint et vernis. Vous obtenez ainsi une structure rigide, facilement manipulable et dans laquelle peut venir s'insérer le fuselage

Sous-ensemble hélice et train d'atterrissage.

Après m'être exercé pour la peinture, sur l'avant du fuselage, je me suis attaqué à l'hélice, qui est aussi peinte imitation bois.
Les vrais hélices étant généralement faits de " planches " superposées, collées et ensuite façonnées, je me suis appliqué pour le veinage en m'inspirant de photos de véritables hélices en bois.

Le train est monté et peint. Ne pas oublier de prévoir les percements pour les câbles de la triangulation.


La phase finale

Une fois la vérification qu'aucun percement pour le haubanage n'a été oublié, tout est assemblé et monté sans gros soucis. Les dizaines de montages à blanc en étaient les garants.

La dérive est aussi terminée aux couleurs belges.

Le haubanage et autres câbles de commandes.

C'est bien entendu la partie que j'appréhendais le plus. Après avoir mis un cierge à Sainte Rita (avocate des causes désespérées), j ai passé un bon moment à étudier le schéma de haubanage pour vérifier d'où partaient et où arrivaient les différents câbles (ça ne m'a pas empêché de me fourvoyer ).

J'ai choisi de travailler avec du fil de pèche de 0,1 mm.
Dans ce cas ci, le fil de nylon est à mon avis, le meilleur choix du pour plusieurs raisons :

1/ Sa résistance à la traction.
2/ Cette première qualité va permettre de réalise une véritable triangulation et donc de solidifier l'ensemble.
3/ Il laisse une marche de manœuvre car il peut être tendu ultérieurement en le soumettant à une légère source de chaleur.

Ma technique : En général, les trous percés préalablement en partie supérieure, reçoivent une micro goutte de cyano liquide et le fil de nylon. J'attends quelques minutes et ensuite je fais passer le fil par les trous passant inférieurs. Je tends et je remplie l'orifice avec une autre micro-goutte de cyano. Je continue à tendre quelques secondes et une fois sec, je coupe le fil au raz de l'aile ou au raz du mat. Il ne reste plus qu'à faire une micro retouche de peinture.


Le vieillissement et les décalques

La patine consistera pour la voilure et la dérive, simplement en un post ombrage au pastel noir, un éclairci à l'aérographe pour terminer par un dry brush sur les parties saillantes. (La technique des blindeux)

Par contre, le fuselage étant désespérément plat, je me suis essayé au "trompe l'œil".
J'ai donc voulu faire apparaître la structure de l'avion et l'usure de la toile.

Après avoir surligné en vert très clair les montants de la structure verticale en bois, j'ai légèrement noirci à la poudre de pastel noir le coté protégé du vent puis éclairci à l'aérographe le coté exposé au vent (teinte de base verte + jaune).

Le résultat n'est pas à la mesure de mes espérances mais je n'ose plus trop y retoucher. J'essayerai donc de faire mieux la prochaine fois.

Les deux petites décalques de l'immatriculation, sont faite "maison" avec un programme de dessin graphique et des feuilles Experts-Choice decals. Elles se placent facilement, si on procède délicatement car elles sont très fines.


Et voilà le résultat final.


Conclusions :

Ce kit souffre des inconvénients inhérents à une vieille maquette.

Défauts de la maquette
- Le dièdre est faux (aile inférieure trop parallèle à l'aire supérieure) et difficile à corriger.
- Le cockpit est pour ainsi dire vide pour une maquette à cette échelle
- Une foule de détails extérieurs faux ou tout simplement inexistants.

Qualités de la maquette :
- Son échelle qui permet de corriger facilement les défauts
- Plastique bien moulé, agréable et facile à travailler.
- Son prix démocratique.

Références :

- Sopwith Camel - d'Edward Kocent-Zielinski - Edition KAGERO
Ici, j'ouvre une parenthèse.
Dans ma grande ignorance des avions belges de cette époque, je me suis basé sur un profil de ce livre, qui décrit le Sk7 de l'escadrille " Des Chardons ". Ce profil signale les cocardes en Noir-Jaune-Rouge. C'est malheureusement faux. Je l'ai appris à mes dépends. Les cocardes belges sont Rouge-Jaune-Noir.
Par contre, ce livre est une mine d'informations pour les détails en tous genres et autres schémas de haubanage.

- La revue Avion - numéro 73 - Les Sopwith Camel belges

PS : Hobbycraft vient de rééditer, il y a quelques mois son Camel avec quelques corrections. Je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de le voir et de comparer, pour vous en parler plus longuement

Remerciements

Je tiens, ici, à remercier John (du forum) pour m'avoir donner l'envie, par nos discutions sur les vieux coucous, de commencer ce kit. Mais aussi de m'avoir fait ses remarques constructives durant tout le montage et d'avoir relu cet article avec un œil connaisseur.