Nieuport 17

Réalisé par Stéphane revu et corrigé par Dédédoc

 

Informations :

Echelle :

1/48
Marque : Academy
Longueur : 190 mm
Envergure : 250 mm
Nombre de pièces : 44 dont 1 transparente
Référence : 2190
Type : plastique injecté
Remarque : Haubannage fournit en fil noir

 

A vos cahiers…

Georges-Marie Guynemer (1894 - 1917) commence son entraînement à Pau comme élève-mécanicien. Il devient alors élève-pilote et effectue son premier vol le 10 mars 1915. Deux mois plus tard, il est promu caporal à l'école d'Avord et rejoint la 3ème escadrille à Vauciennes. Equipée de Morane-Saulnier et commandée par le capitaine Brocard, elle va devenir "l'escadrille des cigognes".
L'origine de l'emblème reste d'ailleurs assez floue :
· le commandant Brocard l'aurait choisi après proposition d'un décorateur de l'opéra comique affecté au service du camouflage de l'époque.
· en 1912, les avions de la SPA 3 furent comparés au cigognes annonciatrices du retour des beaux jours. Il faut savoir qu'à l'époque, le SPA 3 manœuvrait aux alentours de Belfort, région proche des territoires annexés par l'Allemagne (Alsace-Lorraine ; rendus à la France en 1919).
Quoi qu'il en soit, la cigogne eut cinq positions différentes suivant les appareils et leurs propriétaires :
" passant au naturel, ailes basses ", ce fut celle de Guynemer," cigogne passant d'argent ", ce fut celle de Fonck (autre as de la 3ème escadrille),
" passant au naturel becquée et membrées de rouge",
" passant d'argent ",
" virant au naturel ".

Guynemer remporte sa première victoire en juillet 1915 en abattant un Aviatik. Ayant récupéré l'avion (un Nieuport 11) du pilote Charles Bonnard (partit pour les Dardanelles) qui porte le nom de " Vieux Charles ", il décide, par la suite, de conserver ce diminutif pour tous ses appareils.
En septembre 1915, il est promu sergent et en 1916, son unité rejoint le front de Verdun. Il participe à la bataille de la Somme et remporte 21 victoires officielles en 6 mois. Un an plus tard, il est nommé officier de la Légion d'Honneur par le général d'Espérey.
" Guynemer, qui totalise alors 42 victoires, n'a pas encore 23 ans ; il est capitaine et célèbre : journaux et revues étalent son nom à la "une" et relatent ses exploits, étendant sa renommée dans la France entière.
En juillet 1917, l'escadrille est transférée en Flandres. Les combats sont violents : Guynemer a atteint sa 50ème victoire, mais a plusieurs fois été lui-même "descendu". Bien que compensant toujours une constitution plutôt fragile par une formidable énergie, il se montre maintenant davantage tourmenté. Le haut-commandement a prévu de l'envoyer à l'arrière, comme instructeur.
Le 11 septembre 1917, il décolle de Saint Pol-sur-Mer sur son Spad XIII ( le "Vieux Charles" ) accompagné du lieutenant Bozon-Verduraz. Au dessus de Poelkapelle, en Belgique, un combat aérien s'engage. Le lieutenant perd de vue son coéquipier. Guynemer ne reviendra pas.
"
(Extrait d'un texte du Ministère de la Défense Français).

L'as est tombé entre les lignes allemandes et britanniques. Il sera retrouvé mort d'une balle dans la tête par une patrouille germanique venue fouiller les débris de l'appareil, la nuit tombée.
Cette victoire fut attribuée à Kurt Wisseman, lui-même abattu quelques temps plus tard. A sa mort, Georges-Marie Guynemer totalisait 666 heures de vol et 53 victoires.

Le NIEUPORT 17…

Né d'une combinaison entre le Nieuport 11 et le Nieuport 16, le Nieuport 17 fut probablement l'un des meilleur chasseur de son époque. Equipé d'un moteur rotatif Le Rhône 9J, il développait une puissance de 110 ch et atteignait une vitesse de 165 à 180 km/h (le plan inférieur avait tendance à se disloquer lors de piquets prolongés, mais bien moins souvent que sur le Nieuport 11).
L'armement se composait au départ d'une mitrailleuse Lewis montée sur l'aile supérieure. Se révélant assez imprécise, un système de synchronisation de l'hélice fut installé et une deuxième mitrailleuse (Vickers) montée devant le pilote - Guynemer ne possédait sur son appareil que la Vickers frontale.
L'avion pouvait être équipé de roquettes Le Prieur ; montées sur les mats des ailes et tout à fait imprécises, elles étaient suffisantes pour abattre les ballons d'observation.
Opérationnel en mars 1916, le Nieuport 17 remplaça petit à petit le Nieuport 11 et intervint sur de nombreux fronts. Une version plus puissante fut développée ; le Nieuport 17bis (130 ch), mais globalement, l'avion fut jugé dépassé dès la fin de 1917.

La maquette…

Trois grappes de pièces bien moulées composent l'ensemble de la boîte, accompagnées d'une planche de décals au format A4 (décals qui poseront, nous le verrons plus tard, de sérieux problèmes).
Le poste de pilotage :
Il est très simpliste par rapport à la réalité et l'ouverture est si grande qu'il est facile de tout y apercevoir. Un petit site bien sympathique (www.geocities.com/Pentagon/7929/nieuport17.htm) fait état d'un tableau de bord qui n'apparaît pas dans la maquette. De plus, la gravure interne des structures de l'avion est trop fine pour l'échelle et devient invisible quand les demis fuselages sont assemblés. Il a donc fallu fabriquer le tableau de bord avec un morceau de carte plastique ; les supports de cadrans ont été fait en étain et les cadrans eux-mêmes, grâce à des morceaux de grappes coupés en rondelles.

Le fond est peint en chamois ; Humbrol 7, puis vernis en semi mat. Les cadrans sont noirs et les aiguilles et graduations blanches. Tous ceux-ci auraient dû recevoir une touche de vernis brillant mais…j'ai oublié.Pour ce qui est des structures internes de l'avion, je dis merci Evergreen ; baguettes de 0.5 x 0.5 mm collées sur les gravures préexistantes. Oui, je sais, c'est pas dur. En plus, j'étais tellement bien parti que j'ai même fait les câbles de renfort en X avec, alors que je prévoyais de les faire en fil électrique. Comme il était trop tard quand je me suis aperçu de ma bêtise, c'est resté comme ça.
La marque conseille un brun sable pour l'intérieur. J'ai utilisé un mélange (70/30) de jaune sable Tamiya XF-59 et marron foncé XF-10 pour la couleur de fond et, par la suite, fortement brossé l'ensemble avec le sable Humbrol (n°94).
Les instruments (restreints) reçoivent une couche de " Metallic grey " (Tamiya XF-56) puis sont brossés avec de l'Humbrol 56, beaucoup plus clair que le Tamiya. J'ai d'ailleurs fait la même chose pour la carlingue de l'avion.

Le moteur Rhône 9J :
Il se compose de quatre pièces et est plus détaillé sur l'arrière ; partie totalement invisible quand l'ensemble est installé sur l'appareil…ah si, on voit un peu par le dessous quand même. Le moteur est peint en Gun métal Humbrol 53 puis largement brossé en cuivre Tamiya XF-6. C'est la couleur la plus approchante que j'ai pu trouver pour donner au bloc cette couleur particulière, due à la combustion du lubrifiant utilisé à l'époque.
L'hélice est imposante. Pour l'imitation du bois, elle est peinte d'un mélange 70/30 d'Humbrol 186 (marron terre cuite) et d'Humbrol 94 (sable). Les " veines " sont faites au pinceau fin en mat 186.

Le montage :

Pas de grosse difficultés. Il faut se méfier un peu de l'assemblage des demis fuselages qui ont tendance à se décaler d'un millimètre de haut en bas.
L'appréhension du montage des ailes ne fit en rien trembler mes membres supérieurs et j'appliquai à la lettre les conseils prodigués par le roi du biplan, triplan et plans en tout genre sauf les mauvais; j'ai nommé mon correcteur.
Aussi, après la fixation des ailes inférieures, j'y collai les mats en posant dessus l'aile supérieure (qui est d'une seule pièce et très lourde), sans la fixer. Quand le tout eut séché, je retirais le plan supérieur pour continuer les divers montages ; en particulier, la mitrailleuse Vickers.
Celle-ci se compose de trois pièces ; le corps de l'arme, la bande de munitions et son guide de sortie. Pas d'ergot de fixation sur l'appareil, elle se pose à plat sur la carlingue, devant le poste de pilotage.
Pour la partie arrière de l'avion, j'ai choisi de présenter l'appareil volets baissés ; une simple incision au cutter fait l'affaire, et dérive tournée ; collée dans la position.
Ce qui m'a posé le plus de difficulté, c'est le train de roues. Composé de trois parties, sa fixation sur l'appareil reste assez floue et, de fait, est fragile. Les roues sont gravées en relief et bien détaillées. Un lavis en noir fait bien ressortir toutes les petites parties.

Le haubanage :

La marque fournit une petite bobine plate de fil noir pour cette opération. Je ne l'ai que très peu utilisé, préférant pour cette première expérience dans ma vie de maquettiste, le plastique étiré. Des pré-trous sont faits sous et sur les ailes pour marquer les emplacements des attaches des haubans. Le fuselage, lui, est totalement percé et les fils sont à placer avant de refermer les demis fuselages ; ce que j'ai bien sûr oublié de faire.
Tout ce que je peux dire pour résumer l'opération, c'est que je ne ferai pas çà tout les jours. Heureusement (vu le temps que j'y ai passé), l'avion possède peu de haubans. A noter que l'on aperçoit sur l'avion du site nommé précédemment, un autre hauban le long de l'aile inférieure ; hauban qui ne figure pas sur le plan de montage de la maquette.

La décoration…

Deux versions sont présentées dans la boîte :
- le Nieuport 17 du Lt Charles Nungesser - 1916 (couvercle de la boîte)
- le Nieuport 17 du Cpt Georges Guynemer - 1917 (celle que j'ai choisie).
Le plan de montage dénote un grand nombre d'imprécisions quand à l'appareil en question ; essentiellement au niveau des décals où de nombreuses couleurs différentes d'insignes sont présentées, et laissées au choix du maquettiste. Ainsi, on retrouve quatre cigognes, toutes de couleur différentes et il faut faire un découpage ardu pour former la " pseudo bonne " ; il faudra repeindre le bec en noir. Même chose pour le " 2 " du fuselage et la place relative de cocardes sur le dessus des ailes.
Les différentes recherches que j'ai effectuées sont restées sans réponses quand à la couleur du " 2 " ; rouge ou noir ? J'ai opté pour le noir. Pardon aux puristes de ne pas avoir poussé plus loin mes investigations.
Puisqu'on est dans les décals, il faut dire que la planche (éditée par Academy), qui est plutôt jolie au regard, devient une véritable catastrophe quand on veut l'utiliser :
- dislocation
- refus de coller
- gonflage (et du décal et de moi) quand on passe le vernis.
Sur ce, j'ai dit stop ! J'ai pris mon pinceau et youpi, youkoulélé ! J'en ai peint la moitié.
En ce qui concerne la peinture, hormis l'extrados, l'avion est totalement alu. Comme je l'expliquais plus en avant, je l'ai peint en Tamiya XF-56 puis longuement brossé en Humbrol 56 (alu clair). Les parties supérieures des ailes reçoivent un camouflage vert foncé - marron foncé. Respectivement Tamiya XF-26 et XF-10. Le vert est ensuite brossé légèrement en Humbrol 102 (vert armée français) et le marron, en Humbrol 186. Pour terminer, nouveau brossage à sec "hyper" léger sur l'ensemble, en marron sable (Humbrol 94). Le capot moteur apparaît argent, j'ai utilisé le Gloss 191 d'Humbrol.
Pour ce qui est du drapeau français sur la dérive, le décal est fourni mais vu ce qui m'est arrivé avant, je n'ai pas cherché à l'utiliser. Humbrol 25 éclaircit avec de l'Humbrol 89 pour le bleu, Humbrol 60 mélangé avec un peu d'Humbrol 33 (noir - 5%) pour le rouge et voilà un joli pavillon français qui ne risque pas de se décoller.

Conclusion…

Cette maquette est pour moi une première. Je n'avais jamais abordé la première guerre mondiale ou plutôt les multiplans, par peur de la difficulté, en particulier du haubanage. J'estime, mais c'est tout à fait personnel, que ces maquettes restent difficiles et qu'un " passé " de monoplans n'est pas inutile. D'un autre côté, on dit que tout vient avec l'entraînement, alors persévérons. Une chose est sûre, c'est que ça donne fière allure à une vitrine.